GRP (Grand Raid des Pyrénées)

DistanceClassementNomTempsClassement catégorie
120km35/422Christophe B26h15'219ème V1

Très bel exploit sportif et humain pour Christophe qui s’alignait sur le mythique GRP, avec à la clé un excellent classement sur le Tour des cirques et ses 7000m de dénivellé positif ! Je le laisse raconter son épopée avec ce très beau récit qui va donner des idées à certain(e)s…encore bravo pour ta performance :

« Ça faisait un moment que le Tour des cirques du Grand Raid des Pyrénées me trottait dans la tête (120km, 7500mD+, 8500mD-).J’ai parlé de ce projet à Franck LC qui a accepté avec enthousiasme de m’aider à préparer cette échéance. Nous avons ainsi lancé la préparation dès début janvier. Plusieurs centaines de kilomètres et 2 courses préparatoires plus tard, je m’aligne à Piau-Engaly direction Vielle Aure. Le départ est donné à 10h. Il fait beau et la température est agréable. Le départ est raisonnable, chacun prend ses marques sur la première montée. La première descente est raide et technique, le premier ravitaillement de qualité, les bénévoles aux petits soins. Les présentations sont faites, les choses sérieuses peuvent commencer. Si les 4 premières heures de course se passent bien, le cap de la 5ème heure est difficile. Douleurs, fatigue et lassitude s’invitent dans la partie… il faut insister, ça va passer.

Après 6 heures de course, je me sens mieux, comme si le corps se résignait à accepter ce rythme inhabituel. Je profite de paysages à couper le souffle et d’une ambiance mêlant encouragements et bienveillance. Les messages réguliers sur mon téléphone de ceux qui me suivent sont également d’un grand soutien.Au bout de 10 heures de course j’ai plus de mal à manger les barres que j’avais emmené. Ma réserve alimentaire était millimétrée avec différents types de barres, un planning strict pour m’alimenter…mais ça ne se passe pas comme prévu. Je m’adapte. Les ravitaillements sont réguliers et de qualité. Je perds du temps sur ces pauses, mais je m’y alimente bien, je m’y repose un peu et les quelques mots des bénévoles sont un réel soutien. A la tombée de la nuit la température baisse peu. Je vais courir toute la nuit en tee-shirt, je devrai juste passer des manchettes et un coupe-vent au lever du jour. Pour une première dans les Pyrénées, je profite d’une météo exceptionnelle, j’en suis conscient et j’en profite !

70ème kilomètre, minuit, base de vie de Luz-Saint-Sauveur. Je mange le plus possible, je me change, je m’occupe de mes pieds, j’opte pour une autre paire de chaussures. Je suis bien ici mais le temps passe vite et un SMS de mon staff me ramène à la réalité : ça fait presque 1 heure que je suis arrêté, je décide de repartir rapidement. Je replonge donc dans la nuit, seul. Je double plusieurs coureurs du 220km qui en sont à leur 2ème nuit ! Je suis admiratif. Les passages techniques se multiplient, il n’y a parfois pas de sentier, il faut alors se laisser guider par les rubalises réfléchissantes qui ponctuent la montagne entre rochers et rhododendrons. Ça n’en finit plus, c’est même de plus en plus dur avec de nombreux passages de pierriers ou de blocs rocheux. Il faut être très concentré et occulter les douleurs dans les jambes, il ne faut pas prendre de risques mais ne pas perdre trop de temps non plus ! Le soleil se lève, la montagne est rose, l’endroit parsemé de lacs. Je suis aux environs du 100ème km heureux de cette nuit passée à courir en montagne où à aucun moment l’envie de dormir ne m’est venue. Malgré des jambes très douloureuses, je suis motivé comme jamais. La section avant le dernier ravitaillement est interminable mais je dose car je sais que, passé le restaurant Merlans, il faudra tout donner. Malgré l’envie de shunter ce dernier ravitaillement, je m’y arrête, je m’assois, je mange, je me détends et enfin je m’élance dans le dernier raidillon puis dans la descente de 1400m. Ça tape, ça fait mal mais à ce stade, je ne réfléchis plus. Il faut bouffer la pente et se projeter sur la ligne d’arrivée !

A partir des 2 derniers kilomètres, les organisateurs ont positionné tous les 200 mètres un poster des plus beaux sites traversés pendant la course, une forme de rétrospective de l’aventure vécue. A cela s’ajoute les encouragements de plus en plus soutenus des spectateurs le long du circuit. Grosse, grosse émotion qui atteint son maximum au passage de l’arche marquant l’arrivée. Je peine à relier le ravitaillement de fin de course et encore plus à m’y asseoir. Mon téléphone bourdonne de SMS, je sens la joie de tous ceux qui m’ont suivi. Je n’ai toutefois pas la force de sortir mon téléphone, pas la force de manger, pas la force de bouger, mes cuisses et mes mollets me font mal comme jamais. J’ai mal au dos, aux épaules et je suspecte une légère entorse à une de mes chevilles. Je suis hagard, assis sur mon banc, vide de toute énergie.

Progressivement, je reprends mes esprits. Ça y est c’est fait ! Je suis heureux, vraiment très heureux. Heureux d’avoir maîtrisé ma course, d’avoir donné mon maximum mais aussi et surtout d’avoir vécu une si belle aventure. La journée se terminera sous le soleil, les pieds dans le torrent à profiter de l’ambiance de l’événement. Le GRP est vraiment un bel événement où la qualité de l’accueil rivalise avec la beauté de paysages et où la technicité met tout le monde d’accord !

Un grand merci à Franck pour son accompagnement lors de ma préparation ainsi qu’à tous ceux qui m’ont encouragé et conseillé avant et pendant la course.

Vivement la prochaine course. »

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