Finale nationale des 8/2/2/8, Dreux, samedi 4 juillet
Dans le cadre de la grande fête des Pointes d’or, qui chaque année rassemble les meilleurs minimes français, filles et garçons, se déroule la finale nationale des 8/2/2/8. Il faudrait faire une étude statistique pour vérifier l’exactitude scientifique de l’hypothèse, mais il est vraisemblable que les 14/15 ans présents à cette fête nationale sont plus développés que la moyenne. On y voit des gabarits parfois impressionnants, déjà plus proches de l’état d’adulte que des tailles incertaines de l’enfance. Sans doute est-ce l’une des raisons expliquant que beaucoup de ces minimes ne font plus parler d’eux une fois réellement arrivés à l’âge adulte. Les autres ont grandi, ont commencé à progresser et surtout ont appris à travailler, où les surdoués de quinze ans oublient souvent la vertu des séances d’entraînement.
D’un côté, tout est facile, on s’amuse, de l’autre on doit trouver son plaisir dans le dépassement perpétuel. Pourquoi cette digression ? Parce que c’est un peu le sentiment qu’on a depuis qu’on s’est lancé dans l’aventure de ces 8/2/2/8 en 2023 et qu’on fréquente ces Pointes d’or. Nos équipes EAC sont du côté du travail, tandis que d’autres sont du côté ouaih j’ai fait qu’un footing cette semaine mais ça va le faire… Bon, après, ne généralisons pas, nous avons aussi nos doués. Carole Jouve par exemple. Pied, puissance explosive, tonicité au sol. Le guépard au féminin. Mais pas accro aux entraînements. Jeanne Serraj a été un un peu comme ça un temps mais a commencé à prendre conscience qu’il lui faut davantage travailler pour retrouver sa posture de benjamine (celle de la gagneuse). C’est sa grande chance.
Bain, Janzé et Cesson rassemblés pour un relais qui représente vraiment l’EAC
Rose Mahé, c’est le cas à part. La douée, mais jamais assurée d’elle-même, toujours dans le doute, à devoir vérifier que tout va bien. Du coup c’est une bosseuse acharnée. Et en plus elle y trouve du plaisir. Elle adore rendre au sol ce qu’il lui donne. Dans une sorte de relation divine, hier au ballon, aujourd’hui au chemin de terre et au tartan qui lui permettent de se sublimer dans une sorte de tension interactive à la distance, celle que mesure le chrono ou le décamètre. Par contre, sa faille, pour le moment, c’est la relation à l’autre. Si on dit à Carole qu’elle la meilleure, elle vous prend au mot et fonce. Si on dit à Rose qu’elle n’est pas battable, elle panique et trouvera le moyen de se faire battre. C’est son axe de progrès. Trouver en elle la marge d’apaisement qui lui permettra de ne plus que se concentrer que sur elle-même.
Reste Nina Rocher. La fille de son âge, moitié ado, moitié enfant, encore à ce stade intermédiaire que dans les Centres de loisirs on appelle l’âge passerelle. Affolée de voir le niveau, s’effrayant par avance d’être certainement distancée, trouvant trop grands tous ces quinze ans brillants… Voici les quatre actrices de la pièce qui s’est jouée à Dreux. Nous avions décidé, avec Keven Georgelin, entraîneur des Cessonnaises, que nous ferions partir Rose devant, pour que l’équipe soit à la bagarre sur au moins 1600m des 2000m de ce 800/200/200/800m. A charge pour Nina, sur le second tour de son 800m, de faire ce qu’elle pourrait et de résister le plus longtemps possible au probable retour des concurrentes. C’est un choix assumé et qui a fonctionné, au moins partiellement, jusqu’à 200m de la ligne.
Un grand bravo aux quatre filles, qui ont tout donné, du mieux qu’elles ont pu
Rose a passé le témoin en 5e position (2’26), et Jeanne, puis Carole ont consolidé la place (54″ à elles deux), accentuant l’écart avec les suivantes. Seulement, c’était demander beaucoup à Nina, qui a levé un peu le pied à l’entraînement lors de la récente période de chaleur et n’est pas parvenue à reproduire le 2’35 de la qualification à Montfort-sur-Meu. Les 200 derniers mètres ont été difficiles, la côte était raide, et plusieurs concurrentes sont revenues et l’ont passée. Elle finit en 2’41. Cela reste bien, très bien même pour une minime (l’équivalent de son record sur un 1000m), et la performance n’est qu’un des critères. Ces relais ont d’abord pour première vertu de faire cohésion au sein d’un groupe, de partager des expériences qui se gravent dans la mémoire, puis ensuite de se confronter au meilleur niveau, de voir ce que c’est que le meilleur niveau national.
Pour le club, l’important était d’en être. L’espoir était de finir meilleure équipe bretonne. Ce n’est pas le cas. Tant pis. Toutes les quatre ont tout donné, se sont bien amusées, et nous avons été ravis, Keven, Estelle Doigneau (brillante coach mentale) et moi de partager cette belle aventure avec elles… Les garçons à Toulon en 2023 (Esteban Bouillaux, Luc de Rancourt, Quentin Planchenault et Léo Guiheux) demeurent la référence (4e, à un souffle du record départemental). Louise Théodin, Léa Théodin, Justine Bourgault et Rose Mahé à Obernai en 2025 ont fini 17e sur les deux finales. Cette année le relais termine 13e et 2e équipe bretonne, derrière le CJF Saint-Malo, qui l’avait déjà battu à Montfort/Meu en mai. C’est donc très bien et on est dans les eaux estimées sur le papier. Un grand bravo donc à toutes les quatre !
Le résultat de ce 8/2/2/8 MIF est ICI.











